FELICITÀ
GOODBYE
HORSES

FELICITÀ GOODBYE HORSES
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© Felicità Goodbye Horses Beaux-Arts de Paris 2021, typographies

Présentation

La crise pandémique actuelle nous impose à tous et toutes de repenser nos pratiques et nos manières de vivre ensemble. Il y a ce sentiment que si le statu quo continue à exister malgré tout, nous courrons à la fin du monde. À l’heure où tout semble aller mal, où la distanciation sociale et les mesures barrières nous éloignent et nous isolent, l’expérience artistique nous semble pouvoir offrir une possibilité de transcender la sidération et la peur de vivre dans un monde contaminé.

Comment continuer à créer ? Comment ne pas se laisser écraser par la tournure des choses ? Comment rester en mouvement ? L’enjeu est de taille, plus que jamais. Sans l’art, sans la culture, sans l’imagination et la créativité, le monde continuera d’aller mal. Alors, nous comptons profiter d’une brèche - le maintien de la possiblité de se réunir pour travailler -, pour nous engouffrer dedans. Ainsi, nous proposons d’élargir le spectre de l’exposition Felicità par un programme de rencontres initié en novembre 2020, pour offrir un meilleur accompagnement et d’autres formes de visibilité pour les artistes invités via une variété de formats : une plateforme virtuelle d’échanges, un site internet, des résidences, des workshops, une publication et une exposition. Celle-ci est prévue à Poush (Paris) pour le mois de juin 2021. Felicità Goodbye Horses vise à requestionner les modalités de production et de circulation de l’art, et à réfléchir de manière collective aux enjeux de notre monde contemporain. Il emprunte son titre à la chanson éponyme de Q. Lazzarus, reprise tant de fois et pourtant restée si singulière, mélodie envoûtante cherchant à nous faire appréhender le monde au-delà de sa condition matérielle comme l’expliquait la chanteuse qui disparut vite du Show-biz en supprimant son compte Twitter pour retrouver une vie normale comme conductrice de bus à Staten Island (USA).

Partant du constat que c’est dans la crise que se trouve la possibilité de l’invention, Felicità Goodbye Horses entend nous rapprocher et soutenir notre intense proximité afin de faire exister des puissances d’agir. À partir de contraintes, il s’agit de trouver la force d’habiter la tension, de se suspendre, de suspendre quelque chose. Et ce quelque chose, il est précieux. Il peut faire vaciller, ouvrir les yeux. Nous essayerons d’attraper les regards ou les rayons de soleil qui apparaissent malgré tout dans notre monde en ruines. Nous sommes tous et toutes vulnérables, Felicità Goodbye Horses aspire à transcender cette violence qui nous étouffe, et essayer de développer d’autres manières d’entrer en contact, de se parler, d’échanger, d’être ensemble, de vivre même. Felicità Goodbye Horses privilégie le processus de création, le partage, l’échange, la recherche, l’expérimentation et la création collective pour espérer voir vibrer autant de lueurs d’espoir. Là, nous pourrons échanger nos références, ce qui nous fait tenir, nos fragilités, nos envies, nos engagements, nos convictions. Nous pourrons échafauder une myriade de gestes spéculatifs.1Gestes spéculatifs, édité par Didier Debaise et Isabelle Stengers, Les presses du réel, 2015 Ce sera doux. Ce sera hors-normes. Ce sera tourné vers les petites choses simples de la vie : une plante qui pousse, une lumière qui passe à travers la fenêtre, une attention à l’autre, à soi-même. Nous serons des petites lucioles comme autant de désirs de voir et d’espérances politiques, comme autant de malgré tout.2 ↑ Georges Didi-Huberman, Survivance des lucioles, Les éditions de Minuit, 2009

Les contributions qui figurent sur ce site internet mêlent références, œuvres, clins d’œil et autres partages issus de conversations quasi quotidiennes avec les 29 artistes participant au programme (Félicités des Beaux-Arts de Paris en 2019 et de l’Ensa Bourges en 2019 et 2020).

Mélanie Bouteloup
Commissaire et coordinatrice du programme de résidences Felicità Goodbye Horses



Felicità Goodbye Horses

18 juin au 10 juillet
Ouverture les 18 et 19 juin, sur inscription préalable
Horaires : du mar. au sam. de 13h à 18h
Poush
6 boulevard du Général Leclerc, Clichy – gratuit, sur inscription

Artistes

Germain Bruyas, Leo Chalié, Solène Charton, Charlotte Chicot, Tiphaine Coignoux, Anais Tohé-Commaret, Émile Copello, Gwendal Coulon, Pierre Delmas, Justine Gagner, Stéphane Gilles-Pick, Matthieu Hemmer, Lucile Lacape, Cham Lavant, Maeline Li, Garie Mirhon, Sihui Liu, Étienne Meignant, Mathis Perron, Hatice Pinarbasi, Benoît Ponty, Nina M.W. Queissner, Sacha Rey, Caisa Sandgren, Thomas Thuaux, Élise Voët, Vincent Volkart, Yi Yang, Huo Yunong



Germain Bruyas

Diplômé des Beaux-Arts de Bourges en 2020.

La pluie de mousson tombe à verse sur un immeuble vide. Sur l’eau passent des phrases illisibles. Saïgon, 1995. Naître ! Comme un livre qui voit le premier jour. Écrire, et moi je lis si peu, mais infiniment. De ces métaux précieux je choisis un métal, et je le transforme intégralement en mon étoile. Il reste des corps en moi, captifs, résistants, mondains, qui s’en tiennent à la terre, ne jette d’ombre que ce qui est nécessaire. Avec la louange en héritage : perdre et performer la perte. J’aime laisser l’eau transmettre au regard que l’écriture va disparaître. Par ailleurs, dans le montage, il y a une rigueur documentaire et le paysage de notre monde visible et invisible qui est un fragment. C’est pour ce fragment disposé vertical comme un menhir que je fabrique des poèmes, des livres, des gestes, des films… Pour qu’à leur lecture, on puisse expérimenter un peu du mystère que sont nos regards. La matière première qui m’a été donnée, c’est celle d’observer les êtres. Ou bien, expliquer avec des mots de ce monde / qu’un bateau est parti de moi en m’emportant. Il me semble aujourd’hui que les gestes de performance - plus ils sont furtifs, exigent de s’éduquer à être au monde, dans la singularité, dans la différence. Je marche avec mon pouls. Je fais des cercles avec le cœur, que je vois géométriquement vibrer en moi. 
(Germain Bruyas)

germain.bruyas(at)gmail.com

Léo Chalié

Née en 1993 à Montpellier. Dipômée en 2019 des Beaux-Arts de Paris

Je travaille avec des matériaux qui me permettent de mettre en place un glossaire cutané, glacial et érotique : cire, silicone, résines plastiques, pâtes diverses, tissus… Je mets cette peau au centre de mes récits, elle me permet de questionner notre rapport culturel aux sécrétions comme le lien entre corps et environnement physique. Mes gestes ne sont pas tant picturaux ou sculpturaux que cosmétiques et chirurgicaux. J’ai longtemps fantasmé des pièces parfaites, lisses et sans odeur, à travers une certaine virtuosité technique qui me fascinait. C’est par la lecture de Beauté fatale (2012), de Monet Chollet, que j’ai compris pourquoi je cultivais une obstination masochiste à vouloir produire des pièces parfaites : c’était de mon corps que je parlais, et je malmenais mes formes pour qu’elles soient indiscutables et photogéniques.
Il me semble que nous vivons, pour reprendre la pensée de Paul B. Preciado, une ère toxico pharmaco-pornographique, qui modifie la relation que nous entretenons avec nos corps. C’est la théâtralité de ces derniers que je cherche à étudier, dans des espaces quotidiens transformés en décors d’une dramaturgie au sein de laquelle les individus consolident leur mise en scène d’eux-mêmes. Nous sommes tous définis par des subjectivités qui dominent nos métabolismes, qu’il s’agisse de prothèses qui nous permettent d’agir (comme le téléphone, le vibromasseur) ou d’aides au désir (amphétamines, xanax…). Et c’est la façon dont nous construisons ces subjectivités au quotidien, qui produisent un nouveau genre de fictions sociales et amoureuses, qui aujourd’hui m’interroge.
(Léo Chalié)

echalie(at)hotmail.com

Solène Charton

Née en 1996. Vit et travaille à Oissery (77).

Diplômée de l'Ensa Bourges en 2020, Solène Charton explore les ailleurs électroniques, ces autres lieux accessibles à travers les médias techniques et notamment internet. En opérant des allers et retours conceptuels et esthétiques d'une part et d'autre de l'écran médiatique, son travail questionne la dialectique entre espace virtuel et espace réel. Cette frontière sémantique devient poreuse, car l'artiste aborde les aspects politiques d'internet, considéré ici comme un espace social et militant. Les différentes pièces apparaissent alors comme autant de récits inter-reliés d'une « réalité augmentée » où les caractéristiques sociales structurelles du réel s'imbriquent dans l'ubiquité étrange de la médialité. La science-fiction sert à l'artiste de lien spéculatif essentiel entre ces réflexions écologiques, sociales et militantes.

solene.charton(at)gmail.com

Charlotte Chicot

Diplômée des Beaux-Arts de Bourges en 2019, je vis et travaille à Chartres (28).

Mon travail parle des frontières physiques, historiques, culturelles et personnelles : de parcours sur différents territoires, sur la censure et la disparition, sur les transitions et les classes marginales, sur les souvenirs et mon évolution. Dans des installations mêlant vidéo, photographie, impression 3D, réalité virtuelle, cartographie et texte, je mêle faits géographiques, historiques, culturels, économiques à des éléments personnels.
(Charlotte Chicot)

credit photo : Sylvie Rodrigues
contact(at)charlottechicot.com

Tiffaine Coignoux

Tiffaine Coignoux, née en 1998 à Mulhouse, diplômée en 2020

n.r. être chercheur, diplomé.e de l’Ensa Bourges.
Par-delà les territoires traversés, vague-et-bond dans les mots valises, observer un paysage qui s’ouvre.
« Quelles sont vos formes ?
- Pullulantes ! Pluriels ! Parlantes ! Pluridisciplinaires !
- Oùoùoùoù ?
- En lisière de forêt, sur des débris amonceler, viens-ti !

                     Lieu
                     en silence
                     où 
                     le rêve seul
                     vient-de
                     souvenirs.


- Et le regard ?
- UN REGARD EN ROBE DE LIERRE, posé sur les feuilles qui reviennent encore à chaque printemps. »
Iel prend un balai et nettoie l'espoir de devenir feux-follet.

tifainecoignoux.xyz
tiffaine.coignoux(at)ensa-bourges.fr

Anaïs Tohé-Commaret

D’origine franco-chilienne, Anaïs Commaret est diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2019 et intègre le Fresnoy en 2020. Elle participera à Jeune Création et au Salon de Montrouge en 2021.

Très tôt, je me suis tournée vers la vidéo. Je traque les gestes et sonde les visages afin qu’apparaisse la beauté qu’ils recèlent. Je cherche à capter dans mes films des moments d’épiphanie, où des réalités troubles et fantasmagoriques, des mondes invisibles et intimes soudain se révèlent.
Je poursuis cette recherche principalement sous la forme d’oeuvres hybrides, à la lisière du documentaire et du cinéma expérimental. Les subjectivités s’y imbriquent, la mienne et celles des personnes que je filme. Une grande partie de la fiction s’écrit avec les protagonistes. Ils choisissent avec moi le rôle qu’ils vont endosser à la fin du film comme pour cristalliser un archétype qui sommeille en chacun d’eux. (Anaïs Tohé-Commaret)

anaistohecommaret.hotglue.me
pourquoi.oeuf(at)gmail.com 

Émile Copello

Né en 1993. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019.

La vidéo délimite le cadre. La surface sur laquelle l’individu se met en scène et se présente à nous. Les écrans, les télévisions sont les cellules fermées et individuelles à l’intérieur desquelles s’exprime la réussite.
J’interprète ce personnage qui tente à tout prix de s’accomplir dans un prototype de prospérité dont le modèle est imposé. La performance qui se joue est toujours la même. C’est la vie quotidienne qui suit inexorablement son cours et dans laquelle il faut incarner son rôle. Je joue le modèle et l’individu qui tente de le reproduire. C’est une performance permanente pour rester dans le cadre du conformisme.
Les attitudes sont de moins en moins variables et le visage est une image qui se fige. Le standard universel et la dissonance individuelle, qui menace de rompre la norme, sont les deux pôles entre lesquels le corps humain est tiraillé.
(Émile Copello)

vimeo.com/user70375005
instagram.com/baxtercostello
emicopello.wixsite.com/monsite
lecollectifinextremis.fr/
emicopello(at)gmail.com

Gwendal Coulon

Né en 1990 à Cergy-Pontoise. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019.

La pratique plastique de Gwendal Coulon - qu’elle soit performance, peinture, texte, dessin, sculpture, projet éditorial, installation, vidéo - est à coup sûr un pas de côté, ou plutôt un pied de nez. Ses propositions ne sont jamais véritablement pensées pour être cyniques, potaches ou déceptives mais au contraire, tendent à révéler certaines natures. Par glissements, références et détournements, il étudie les conditions de l’acte pictural et de visibilité de la peinture tout en y inscrivant des éléments poétiques. Cherchant ainsi à révéler les failles et les mises en scène de l’artiste et de son monde.

gwendalcoulon.com
gwendalcoulon(at)gmail.com

Pierre Delmas

Diplomé des Beaux-Arts de Paris en 2019.

Justine Gagner

Née près de Tours en 1992. Diplômée des Beaux-Arts de Bourges en 2019.

Dans l’ensemble, mon travail questionne plastiquement la manière dont l’homme gère, transforme et re-fabrique son environnement naturel. Dévoilant plusieurs degrés de langage st strates de lecture, mon travail se moque et interroge les gestes qui modifient, domestiquent et domptent le vivant, abordant sous sa première couche humoristique, des thématiques comme l’agriculture intensive, le paysagisme, l’exploitation de la nature dans l’industrie et la publicité, l’objectification de la nature, l’écologie urbaine, la production d’OGM, etc…
(Justine Gagner)

justine.gagner4(at)gmail.com
instagram.com/justinegagner

Stéphane Gilles-Pick

Né en 1993. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019.

Partant généralement de gestes, d’actions ou de rencontres, je développe un travail centré autour du récit. Depuis peu, je tente de questionner la manière dont je relate ces événements, et d’interroger le rôle de la documentation orale. C’est à travers des installations, de la performance que je travaille la diffusion, la réinterprétation ou la réactualisation de ceux-ci. 
L’objet est souvent important. Il évolue perpétuellement, change de statut, se contredit. Il est souvent moteur du récit, tel le McGuffin de Hitchcock, il n’est là que pour créer la rencontre, donner la possibilité à autre chose d’émerger. Ces histoires se déploient et se révèlent au moment où elles se réalisent. L’enquête crée la péripétie, qui elle-même induit l’enquête. Disponible, je rebondis en permanence entre mise en scène et fortuité, prêt à utiliser tout élément un tant soit peu digne d’intérêt. (Stéphane Gilles-Pick)

stephane.gpick(at)gmail.com

Matthieu Hemmer


Née en 1993 à Paris. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019.

Depuis le début des années 2010, Matthieu Hemmer a produit un corpus d’oeuvres qui émancipe la peinture de sa définition conventionnelle de figuration et explore la condition matérielle du médium et ses processus. Il utilise des techniques empruntées à des processus terrestres (de l’ordre de la chimie, de la physique ou des corps vivants) pour créer des surfaces changeantes qui fonctionnent comme des objets sculpturaux ou architecturaux. Utilisant les aspects les plus élémentaires du médium à leur paroxisme, à savoir le liant, les pigments et les produits chimiques, il met en scène les composants techniques de la peinture tout en réfléchissant, en comprimant et en évaluant les process de production d’images. Les expositions soigneusement calibrées de Matthieu Hemmer explorent des histoires disparates de la culture intensive et asphixiante, de l’écologie et de la domination.

hemmer.matthieu(at)gmail.com

Lucile Lacape

Diplomée des Beaux-Arts de Bourges en 2019.

Ma pratique est à mi-chemin entre des savoir-faire du bâti ancien tel que la taille de pierre, le travail de la maçonnerie au plâtre et à la chaux, travail du bois et une pratique plastique de ré-approriation du langage. Je me tourne de plus en plus vers l’installation in situ. Pendant longtemps les savoir faire ont été relégués au second plan, mais ils sont partout autour de nous dans notre environnement et construisent notre histoire. Ces savoirs vernaculaires ont aussi un rapport à la transmission, l’enseignement et le collectif. Dans mes projets, le travail, le geste, la main, la temporalité, mais aussi comprendre et appréhender les matières, les flux et les matériaux sont mis au premier plan. 
(Lucile Lacape)

lucile.lacape(at)gmail.com

Cham Lavant

Née en 1993 à Fontenay-aux-roses, diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2019.

Pratique la conception d’ossatures immaculées aux allures sublimes et minimalistes. Elle trouve refuge après les Beaux-Arts dans la conception d’un premier film tiré d’une performance qui n’aura jamais lieu Entre les rails . Travailler avec les autres, inventer une langue par les gestes par le prisme de la performance et du film. Son univers est tendu d’onirisme où retenti malgré tout une actualité sourde. Le dessin, la photographie et l’écriture sont des éléments qui la poursuivent. Elle et un associé ouvre récemment une galerie rue Gabrielle à Paris où des expositions et autres auront lieu.

champasilina.wordpress.com

Maeline Li

Née en 1994. Diplômée des Beaux-Arts de Bourges en 2019. Participe au programme de recherche de Paul Devautour de 2019 à 2020.

Au final, que l’on choisisse de migrer ou de persister sur les mêmes lieux, il y a toujours projection de l’individu sur l’espace, dans une construction à la fois de soi et d’un territoire, constituée de faits et de fictions.
Ce sont toujours ces plus ou moins petites enquêtes, toujours portées par les mêmes interrogations, sur les migrations qui font fluctuer un patrimoine culturel et les terres qui lui sont rattachées, et les différentes échelles de valeur, ou échelles de puissance, qui se mettent en place entre chaque groupe culturel, sur ces terres.
Il y a toujours une part d’étrange dans ce que l’on pense connaitre, autant d’élements familiers dans l’inconnu. Tout revient dans une fiction commune, à propos d’un premier point de départ. De savoir d’où l’on vient, de s’accrocher à des certitudes, quitte à croire en les histoires que l’on se crée pour posséder ne serait-ce que l’ombre d’un espoir dans les manques à combler.

maeline.ml(at)gmail.com
maelineml.com
lieux-itineraires.syntone.org/

Garie Mirhon

Diplômée en 2019 des Beaux-Arts de Paris.

Garie Mirhon développe des sculptures qui voyagent entre le costard cravate et  la ligne de cartoon extensible à l'infini, dont le corps humain s'est retiré pour laisser place à des formes souples, longilignes, capable de disparaître dans les plans et les axes des espaces où elles sont disposées.
Ces silhouettes habillées comme elle aime les appeler,  avec d'autres lignes complices - celles du dessin, des mots  - de très courtes (science) fictions qui tiennent sur un flyer,  font exister ensemble des narrations de formes qui parlent autant à l'espace d'exposition qu'aux corps des visiteurs qui les traversent.

grihon.marie(at)gmail.com

Sihui Liu

Née en 1992 en Chine. Diplômée des Beaux-Arts de Bourges en 2020

Je crée des images pour trouver un espace de respiration, pour sentir la nature.Je prends des photos toujours dans la nuit, sur la révélation ce qui est mystérieux. Le noir me fascine et j’essaie de révéler ce qui se cache dans le noir par la lumière, de sortir des ténèbres pour faire entrer la lumière.
Je cherche à me relâcher moi-même, dans un sentiment primitif. Je cherche aussi à montrer que nous pouvons toujours révéler quelque chose par l’appareil photo, la technique photographique et la lumière.
Par exemple, des mystères nocturnes, quand j’enregistre le mouvement de la lumière qui apparaît dans la nuit.
(Sihui Liu)

liusihui0623(at)gmail.com
instagram.com/sihui_shot

Étienne Meignant


Né en 1993 à Beaumont-sur-Oise. Diplômé de l’Ensa Bourges en 2019, il participe la même année à la 25ème édition de l’exposition Première au Centre d’Art Contemporain de Meymac. En 2020 c’est en qualité de commissaire d’exposition qu’il présente Une Classe ne se tient pas sage toute seule à La Transversale (Bourges).

Etienne Meignant s’intéresse à l’économie marchande, à la cybernétique et au maintien de l’ordre. Optant pour les moyens et techniques les plus adéquats parmi ceux qui lui sont accessibles selon les moments et situations sa pratique ne privilégie aucun médium.

etiennemeignant.wordpress.com/
emeignant(at)gmail.com
instagram.com/etienne_meignant

Mathis Perron

Né en 1995. Diplômé en 2019 de Beaux-Arts de Paris.

Mathis Perron défend la possibilité d’un art collaboratif, qui n’exclut ni la maladresse, ni la prise de risques. Tenter de définir son diplôme serait bien délicat, tant cet exercice se refusait aux habituelles conventions du genre. Les vidéos de champs façonnés par une agriculture malade de sa propension au gigantisme, parasités par l’apparition de créatures éthérées, les deux jumeaux roux grimés en diablotins mutiques enchaînés à une marionnette géante, la table de jardin façon chapelier fou autour de laquelle on conviait le jury à siroter de la tisane, le public à l’affût du spectacle au travers de draps troués, le chant mélancolique de la tourterelle, le bestiaire convoqué par des silhouettes sombres accrochées en hauteur, une fleur géante exhalant une poudre rose furent autant de stances qui se feuilletèrent pendant une petit demi heure. En cherchant à inventer de nouveaux modèles artistiques, en n’hésitant pas à sortir des sentiers battus, en allant du côté de la magie, du rituel comme du spirituel ou du secret, le travail de Mathis Perron ne cesse de résister : en cela, il se révèle profondément politique.  
(Camille Paulhan) 

L’imaginaire et les problématiques qui m’animent sont très marquées par l’environnement agricole et rural dans lequel j’ai grandi. Mon travail explore les réalités présentes passées et futures de ce paysage, fait apparaître ses fantômes et ses fantasmes, et montre les ficelles invisibles qui lient les protagonistes de cet immense théâtre. 
Ma méthode est pseudo-scientifique: elle emprunte tant à l’esprit scientifique qu’à la magie pour former des objets. Ceux-ci sont des hypothèses à des questions dont je n’ai pas les réponses. Elles existent et s’hybrident à l'intérieur de formes narratives comme la bande dessinée, l’exposition, le film ou la performance.
Je pratique l'herboristerie et puise de cette relation au monde végétal les pistes vers de nouvelles métamorphoses artistiques inscrites dans les cycles du vivant.
(Mathis Perron)

instagram.com/pseudoscience_17
mathis.perron(at)gmail.com

Hatice Pinarbasi

Née en 1993 à Pierrefitte sur Seine. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019.


Femme de tête, Hatice Pinarbasi fonce dans la peinture et en fait une arme aux allures séductrices qui relèvent du Cheval de Troie. De la peinture qui parle, qui en a à dire et qui nous rend sujets, regardeurs et écouteurs. La gravité entre en jeu et nous devons trouver notre place, comment tenir, debout, face à ces oeuvres. L’humour incisif sous les couleurs acidulés, la ligne flottante d’une guirlande, les béquilles d’une langue alphabétique qui est autant le Français que le Kurde, les points de suspension ou accents, sont autant de signes universels.
H comme Humaine.
Au moment d’une esthétisation d’un bricolage exotique de l’Autre, Hatice Pinarbasi ne joue pas sur la pacotille d’une appropriation de façade. Elle est hybride, comme l’art, elle peint et elle écrit, son travail performe la fonction de l’art : convoqué l’Histoire et nous rendre témoins. C’est drôle et tendu, une intelligence rusée, comme Métis, qui fonde une oeuvre dont on parlera encore dans le siècle.  (Marie de Brugerolle)

hatice.pinarbasi(at)gmail.com

Benoît Ponty

Né en 1995 à Paris, diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019. 

En 2020, il co-fonde Neufquatre Editions, une maison de micro-éditions qui s’intéresse aux multiples éditoriaux.
Le travail de Benoît Ponty semble tourner autour de la notion de voir – ou plutôt de faire voir. Chacune de ses pièces révèle en effet les mécanismes à l’oeuvre derrière ce qui paraît le plus banal, ce qu’on n’a plus l’habitude de questionner. Ainsi le regardeur, mis face à un emballage plastique, un socle de chantier ou encore à la valeur du café à une date précise, est invité à ne pas prendre le réel comme un donné. 
Benoît Ponty enracine ici l’errance ; il ancre à l’heure où la liberté a pourtant tout rendu volatile : lieux de vie, argent, données, relations…
Pourtant, même si tout semble aujourd’hui temporaire – et surtout les packagings jetables – nos déchets le sont de moins en moins.
(Charlotte Cosson et Emmanuelle Luciani)


benoitponty.com
benoitpontyx(at)gmail.com
editionsneufquatre.com 

Nina M.W. Queissner

Diplômée des Beaux-Arts de Bourges en 2019.

Nina collabore dans toute sorte de projet collectif et interdisciplinaire lié au son, à la musique, au cinéma ainsi qu’à la radiophonie. Son travail se présente le plus souvent sous forme d’installation, de performance ou de composition fixé sur support audio. Il témoigne d’un interet prononcé pour l’immersion sonore et les pratiques de l’écoute. Dans sa recherche les processus de génération de matière sonore à l’aide de l’électricité prennent une place importante et s’articulent en lien avec des reflexions concernant les aspects transcendantales de l’expérience musicale et la dimension phénoménologique du domaine sonore.

idocumentmyself.tumblr.com/
Instagram
ninaqueissner.bandcamp.com/
niquei(at)outlook.fr

Sacha Rey

Née en 1991 à Nice. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2019.

J’ai pour prédilection le mouvement : performer, filmer, écrire et activer des installations. Ce qui m’intéresse dans le mouvement c’est qu’il peut exprimer ce devant quoi la parole reste impuissante (Laban). J’ai donc recours au corps en tant qu’outil de transgression et moyen critique. Aussi, la danse permet de ressentir et de reconnecter le « regardeur » à son propre corps. Cela peut ainsi le pousser vers ses propres sensations et ses propres luttes.
Dans une perspective féministe intersectionnelle, ma recherche plastique repose sur un effort constant de mettre en forme des récits intimes, politiques et poétiques qui traitent de violences.
C’est pourquoi, j’ai comme méthodologie de travail ce que je nomme une danse documentaire sur laquelle j’effectue actuellement un mémoire de recherche au sein de l’EHESS à Paris. Aussi bien dans mes performances que dans mes films, je guide des exercices proprioceptifs où chaque participant.e tente de répondre corporellement aux questions que je leurs pose. J’utilise ainsi la danse en tant que langage, comme une parole aussi valable et légitime que l’oralité. Au travers de cette méthode, je cherche donc à interviewer les souvenirs physiques des participant.es afin de retranscrire ces transes biographiques (Lesoud). Dans des œuvres hybrides et protéiformes, je créée donc des espaces de rencontre et de transmission, qui tente de répondre au mutisme d’une société nécro-libérale qui invisibilise ces corps sacrifiés.
(Sacha Rey)

fragil.fr
rey.sacha06(at)gmail.com

Caisa Sandgren

Née en 1994 à Stockholm, Suède. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2019.

Caisa Sandgren développe une pratique artistique qui se concentre sur la sphère intime. À travers le dessin et la sculpture elle crée une mise en scène de la présence humaine dans un espace privé. Formes abstraites et symboles traditionnels sont mélangés, autant pour raconter une histoire que pour poser des questions. Le travail est axé sur une dichotomie: la maison, vue ici comme une cage enfermant souvenirs et traces du temps, et le corps, contre les murs de cette maison, expressive; une chaire d’âme. L’habitat est traité comme le réceptacle du corps, mais également comme une extension de soi : cet environnement qui nous entoure devient le miroir de nos angoisses, nos fantasmes. Sandgren évoque des phénomènes comme la violence, notre mortalité ou encore la poésie des souvenirs et de l’enfance.

caisasc(at)gmail.com

Thomas Thuaux

Née en 1989 à Saint-Malo. Diplomé des Beaux-Arts de Bourges en 2020.

Dans ses peintures à l’huile et ses aquarelles, dont le diaphane expose la fragilité des êtres dans un monde menacé, Thomas Thuaux réinterprète thèmes, mythes et récits.
L’iconographie qu’il déploie fait référence à l’espace du religieux ou de la mythologie, au récit ovidien, au cinéma de Sam Peckinpah, et aux romans d’Amos Oz, aussi bien qu’à des évènements personnels et intimes. Les scènes peintes gravitent autour d’une mort, d’un sacrifice ou d’une disparition, passée, présente, ou à venir. Elles sont habitées par la même mélancolie, la même angoisse, celle de l’impuissance face au désastre.

thomas.thuaux(at)gmail.com

Élise Voët

Née en 1995. Diplômée en 2020 des Beaux-Arts de Bourges.

Mon travail s’inscrit dans une recherche de l’expérience du virtuel et s’articule de façon fragmentaire, chaque pièce étant potentiellement réutilisée, déclinée pour faire évoluer le sens de ma recherche, tel un laboratoire de création artistique. Je croise des médias et mediums variés (obsolètes ou novateurs) – la video, l’image, le son, l’écriture, la performance, la programmation et la modélication – afin de développer des dispositifs imemrsifs et une imagerie en mutation – une méta-esthétique. Mes axes de recherche se développement autour des enjeux de la science-ficton et de l’anticipation, avec l’ambiion d’être un reflet des bouleversements actuels dans notre nature, notre environnement naturel et social et d’encourager une nouvelle écriture de l’humain. 
(Elise Voët)

Elisevoet.myportfolio.com
Alternates.be
Elise.voet(at)hotmail.fr

Vincent Volkart

Né en 1991 à Lagny-sur-Marne. Diplômé des Beaux-Arts de Paris en 2019.

J’aime jouer.
Avec les mots, avec les objets… Souvent pour créer une pièce, c’est avec la même énergie que celle d’un enfant et ses jouets, il se crée des personnages, des situations, des histoires… Pour s’amuser, rire, rêver, se faire peur parfois…
Je me vois comme quelqu’un, qui aurait troqué ses figurines en échange d’un monde de couleurs, de formes, de concept et de mots. Construisant et conjuguant des liens qui n’attendent qu’à être entremêlés. Ce sont ceux qui, lorsqu’ils m’interpellent, m’intriguent ou m’obsèdent, me poussent à jouer avec eux.
Ma pratique est évocatrice de l’enfance, de la violence du monde, de son imprévisibilité, de son absurde. Je veux y faire face, produire des désirs de vie, nous distraire et rêver. 
(Vincent Volkart)

hwgs(at)live.fr

Yi Yang

Née en 1993 à Nankin en Chine. Diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2019. Lauréate du prix Khalil de Chazournes en 2019.

« Les peintures de Yang Yi posent des questions sur les moments passés. Elles suscitent l'observation et la réflexion en décrivant constamment le paysage à l'extérieur de la fenêtre. Quelle est la différence entre le moment d’hier et le moment d’aujourd’hui ? La répétition d’aujourd’hui est-elle celle d’hier ? L’émotion que j’ai perdue existe toujours dans le monde ou se dissipe dans le vent ? Pourquoi un moment de mon enfance est apparu dans un rêve ? Y aura-t-il des montagnes et des rivières inconnues dans votre rêve ? Peut-on toujours vivre dans le passé ? On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, mais Yang Yi répète à peindre le même moment banal en espérant l’attraper. Dans le regard constant d’artiste et celui des spectateurs, l’ombre sur le rideau devient mystérieux et ceux qui sont derrière cette fenêtre devient flou mais insolite. »
(Tianmei XIA)

yangyi.fr
yyyangyi49(at)gmail.com

Huo Yunong

Diplômée des Beaux-Arts de Bourges en 2020.

Je sélectionne, utilise, transforme et combine des objets du quotidien (consommés ou non), et poursuit une transmission et un échange spirituels et culturels sous l’influence de la société de l’économie. En raison de l’histoire du développement culturel de l’industrie artisanale chinoise et son impact environnemental, je suis en tant que citoyenne, concernée par les comportements liés aux recyclages.
(Yunong Huo)

Yunonghuo(at)gmail.com
huoyunong.syntone.org

Rencontres

Invités du programme de rencontres :

Neil Beloufa

À travers sa pratique plastique et cinématographique, Neïl Beloufa met en scène les excès et les paradoxes d’un modèle sociétal majoritaire et globalisé, source de dissonances cognitives pour ceux qui y sont assujettis. Réponses au système, ses œuvres férocement drôles et désinvoltes sont elles-mêmes systémiques ; mêlant généralement installation et vidéo, elles sont l’aboutissement d’une méthode rigoureusement appliquée jusqu’à l’épuisement du sens. L’artiste pose le cadre pour que soit jouée la grande farce à laquelle on participe.

Neil Beloufa est né à Paris en 1985. Il a étudié à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts et à l’école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris ; au California Institute of the Arts, Valencia (USA) ; à Cooper Union, New York et au Fresnoy - Studio national des Arts Contemporain, Tourcoing (France). Nominé au Prix Marcel Duchamp en 2015, aux prix Artes Mundi (Cardiff, Royaume-Unis) et Nam June Paik (Essen, Allemagne) en 2016. Il a été lauréat du Prix Meurice pour l’art contemporain 2013, du prix Audi Talent Awards 2011 et du prix Agnès B. Studio Collector 2010.

Mélanie Bouteloup

L’ensemble de ce programme est conçu et coordonné par Mélanie Bouteloup, commissaire d’exposition indépendante. Mélanie Bouteloup a cofondé l’association Bétonsalon en 2003 (avec Cyril Dietrich et Marie Cozette) et a été directrice de Bétonsalon -Centre d’art et de recherche et de Villa Vassilieff de 2007 à 2020. Elle a été secrétaire du bureau du conseil d’administration de la Cité Internationale des Arts à Paris de 2012 à 2021. Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres, elle a siégé dans de nombreux comités pour l’attribution d’aides et de 1% artistiques en France et à l’international. En 2012, Mélanie Bouteloup est commissaire associée auprès du directeur artistique Okwui Enwezor de La Triennale - manifestation organisée à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication/DGCA, par le Centre national des arts plastiques et le Palais de Tokyo. En 2020, elle est curatorial advisor auprès de Jacob Fabricius pour la biennale de Busan (Corée du Sud).

Emmanuelle Lainé

La pratique d’Emmanuelle Lainé, résolument contextuelle, s’appuie sur la spécificité de chaque lieu dans lequel elle apparait. Elle entre en dialogue avec ses usagers, son économie, son Histoire et ses histoires. Son approche sculpturale de la photographie consiste en des installations monumentales qui mettent en abime la géométrie des espaces existants et lui permettent de créer des espaces cognitifs complexes où plusieurs temporalités coexistent et se résolvent du point de vue du spectateur. Les installations récentes de l’artiste ouvrent des espaces dystopiques qui traitent de l’exploitation du travail dans le système post-capitaliste. « Mes réflexions sur la superposition et la façon dont j'imagine et conçois les espaces de mes expositions vient en partie de la culture de l'image numérique. J'aime l'idée que les espaces entre les calques de l'image puissent être un endroit où vous voulez vous cacher ou disparaître. »

Emmanuelle Lainé (née en 1973 à Paris) est diplômée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts, Paris. Son travail a été récemment présenté, lors d’expositions personnelles à La friche Belle de Mai à Marseille, La Hayward Gallery à Londres, la Fondation Luma, à Arles, à BetonSalon et au Palais de Tokyo à Paris. Elle expose récemment lors d’expositions collectives à BNKR, ( Munich), La Fondation Van Gogh (Arles), Mito Art Tower (Japon) , Yo-Chang Art Museum (Taiwan), La Villa Vassilieff (Paris), La Biennale de Lyon, entre autres.

franck leibovici

a tenté de rendre compte, sous la forme d'expositions, de performances et de publications, des conflits dits « de basse intensité » d'un point de vue documental en usant de partitions graphiques et de systèmes de notation issus de la musique expérimentale, de la danse, de la linguistique - des documents poétiques (al dante, 2007), portraits chinois (al dante, 2007), low intensity conflicts – un mini-opéra pour non musiciens (ed. mf, 2019) ; 
a publié des correspondances de spams, des discours de 70h ou des transcriptions de sex-tapes selon les codes de l’analyse conversationnelle  (lettres de jérusalem, 2012 ; filibuster, jeu de paume, 2013 ; de l’amour, jean boîte édition, 2019) ;
a travaillé sur l'écologie de l'œuvre d'art -  (des formes de vie)une écologie des pratiques artistiques (les laboratoires d'aubervilliers / questions théoriques, 2012), des récits ordinaires (les presses du réel, 2014), the training – an artwork for later / and after (biennale de venise, 2017) ; 
développe actuellement des « œuvres-outils », fonctionnant  la fois comme œuvres d’art et comme instruments de traitement des masses documentales – (avec julien seroussi, bogoro, eds. questions théoriques, 2016 ; muzungu, cracovie, berlin, paris, la haye, taipei, 2016-2021).
dernière publication : des opérations d’écriture qui ne disent pas leur nom (éds. questions théoriques, 2020)
dernières expositions : post-opera (tent, 2019) ; biennale de taipei (2020).

Thierry Leviez

Diplômé de l’École du Louvre (M2) et de l’École du Magasin (Session 13), responsable du service des expositions aux Beaux-Arts de Paris.
Avant 2016, il était commissaire des expositions au Printemps de septembre (Festival d’art de Toulouse) où il a développé de nombreux projets avec des artistes comme Franz Gertsch, David Shrigley, Kiki, Seton et Tony Smith, Marie Cool et Fabio Balducci, Thomas Huber, Manon de Boer… Depuis une dizaine d’années, beaucoup de ses projets sont liés à la scénographie d’exposition. Il a par exemple travaillé de 2012 à 2014 à une nouvelle présentation permanente des collections d’art roman du musée des Augustins avec l’artiste américain Jorge Pardo ou, en 2016, à l’élaboration d’une exposition entièrement composée de pièces industrielles avec une mise en scène de l’artiste Claudia Comte.

Lizières (Sabrina Bendali et Ramuntcho Matta)

Lizières, projet à l’initiative de l’artiste pluridisciplinaire Ramuntcho Matta est un centre de cultures et de ressources situé dans la commune d’Épaux-Bézu à 85km de Paris.

Le centre accueille et accompagne chaque année des artistes en résidence de création, afin d’engager une réflexion profonde autour de l’idée de culture et de ressource. En élaborant un espace d’échanges au-delà des frontières, des genres et des catégories, le centre développe des passerelles entre nature et culture, envisage des lieux de rencontres pluridisciplinaires dynamiques, se positionne comme un laboratoire, vivier de réflexion entre arts, philosophies, sciences et pratiques physiques. Le centre de cultures et de ressources est un lieu adapté à l’accueil d’artistes en résidence, propice à l’inspiration, à la documentation et à la production de projets artistiques pluridisciplinaires.

Sabrina Bendali est artiste et directrice de Lizières.
Ramuntcho Matta est né à Paris en 1960, il vit et travaille à Paris et à Epaux-Bézu. A la fin des années 70, Ramuntcho Matta débute sa carrière artistique dans la musique, il utilise déjà les arts plastiques par delà son travail de compositeur afin de donner forme à des questionnements, des sujets de création plus singuliers et complexes utilisant parfois le son, le dessin, la vidéo, l'espace, les mots ou des combinatoires. Chris Marker en tentant de définir son travail trouva l'adjectif: "multimedium".

Privilégiant souvent le collaboratif il a travaillé avec de nombreux artistes comme Don Cherry, Brion Gysin, John Cage ou Chris Marker. Il a réalisé une vingtaine de disques en solo, et autant en collectif. Il a joué et exposé à Paris, New-York, Londres, Madrid, Barcelone, Tokyo, Rome... Il a également participé à de nombreuses expositions collectives comme à l’espace Louis Vuitton de Paris, à la Art Library de Milan (Italie), au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, au musée des Beaux-Arts de San Diego, au Palais de Tokyo à Paris, à La Piscine de Roubaix.

Depuis 2000, il collabore au sein du label sometimeStudio à la production d’artistes soit oubliés, soit à découvrir. En 2008, il fonde le projet LIZIERES.

Terre Happy (Sylvain Damelincourt et Julien Barcak)

L'association Terre Happy a été créée à Buc près de Versailles en Ile-de-France, en 2013, pour réaliser des actions suffisamment novatrices et interdisciplinaires quelque soit le domaine dans le but de réaliser des rêves et d'embaucher des personnes dans le besoin.

Poush Manifesto

Au moment où les artistes cèdent leur place dans des friches industrielles à des entreprises en quête d’attitudes créatives, Manifesto leur propose de se confronter à l’univers d’un immeuble de bureaux.

Forte de son expérience à l’Orfèvrerie (Saint-Denis), où l’agence a orchestré une occupation temporaire par 80 artistes de l’automne 2018 à l’été 2019, Manifesto est fière d’avoir ouvert un lieu novateur dédié à la création contemporaine : un incubateur d’artistes. POUSH leur propose des ateliers de travail à des tarifs accessibles, favorisant ainsi leur maintien dans le Grand Paris, et les accompagne dans leur développement par des services dédiés.

Dans un IGH construit dans les années 1970 à Clichy et administré aujourd’hui par Sogelym Dixence, entreprise familiale indépendante qui s’affirme comme un des acteurs incontournables de l’immobilier tertiaire, c’est une vision originale et panoramique de la ville qui s’ouvre aux utilisateurs. Propriétaire du bâtiment, Sogelym Dixence a invité Manifesto à proposer un projet ambitieux pour une occupation temporaire. Après avoir été le siège d’activités tertiaires, cette silhouette carrée qui domine le périphérique vit désormais une nouvelle page de son histoire en accueillant, sous ses faux-plafonds, plus de 200 artistes.

Dès mars 2020, ils sont déjà une trentaine à s’installer sur trois étages. Trois mois plus tard, ils sont près de 90. Puis, en juillet, POUSH accueille plus de 200 artistes sur 8 étages ! Sous la direction artistique d’Yvannoé Kruger, Manifesto anime une programmation artistique singulière, qui participe du renouvellement de la Porte Pouchet et contribue au rayonnement de Clichy. Le lieu, piloté par Thomas Havet, a vocation à s’ouvrir à des partenaires locaux, nationaux et internationaux. Des espaces sont disponibles pour que des entreprises désireuses d’expériences inédites organisent des événements au plus près des artistes. Initialement prévu pour une durée d’un an, POUSH accueillera finalement ses résidents jusqu’à décembre 2021.

Marilou Thiébault

Née en 1992, Marilou Thiébault a poursuivi ses études à l’École du Louvre où elle est diplômée en 2016 de d’un Master de recherche en Histoire de l’Art. Elle a multiplié les expériences de commissariat et de coordination d'exposition, de direction ou d’accompagnement éditorial, d’assistanat d’artistes et d’écriture, et poursuit également une activité de recherche et de publication consacrée à l’artiste Guy de Cointet. Elle est actuellement résidente de l'incubateur Poush, à Clichy.

Marion Zilio

Marion Zilio est théoricienne, critique d’art et commissaire d’exposition indépendante. Docteure d’une thèse, intitulée Esthétique de la fluidité. Le visage contemporain, en Esthétique, Sciences et Technologies des Arts de l’Université de Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, elle est l’auteure de Faceworld. Le visage au 21e siècle (PUF, 2018 ; Polity Press, 2020) et Le livre des larves (PUF, 2020). Elle est enseignante à l’Université de Paris 8 dans l’UFR Art, Philosophie et Esthétique et a été professeure invitée à l’École de Cinéma de Téhéran, afin d’animer un séminaire sur la critique et l’art contemporain. Elle a participé à plusieurs ouvrages collectifs scientifiques, mais aussi à des monographies et des catalogues d’exposition. En tant que critique d’art, elle collabore régulièrement avec des revues spécialisées et a cofondé plusieurs espaces de critiques expérimentales. Comme curatrice, elle a organisé des expositions en France et à l’étranger pour des galeries, des centres d’art, des fondations ou des institutions, parmi lesquels le lieu unique à Nantes (2018), le B’Chira Art Center en Tunisie (2018), Bandjoun Station au Cameroun (2017), la Villa Arson à Nice (2017), Le Carrousel du Louvre (2015)… En 2016, elle a été nommée directrice artistique de la Young International Art Fair, où elle travaillait en dialogue avec le réseau Marais Culture + (Musée Picasso, Archives nationales, Musée des arts et métiers, Maison européenne de la photographie, Musée Cognacq-Jay, Cité Internationale des Arts). Membre du bureau de l’AICA France (secrétaire générale adjointe) Membre du conseil administratif de C-E-A / Association française des commissaires d’exposition Membre du comité de rédaction de la revue de critique d’art contemporain Possible.

Partenaires

Ce programme de résidence fait suite à une invitation de Jean de Loisy à présider le jury des diplômés de 2019, composé de Elise Atangana, Franck Scurti, Ingrid Luquet Gad, Alain Berland et Alain Séchas. Dès l’invitation initiale, Jean de Loisy m’a proposé d’être commissaire de l’exposition Felicità. La crise du covid nous a contraint à décaler le projet maintes fois. Quand en octobre 2020, après avoir échangé avec chacun des Félicités 2019 de Paris et des Felicités 2019 et 2020 de Bourges, je l’ai appelé pour lui faire part de mon souhait de transformer l’exposition Felicità en un programme de rencontres, il a tout de suite dit oui et était très enthousiaste à l’idée d’expérimenter un nouveau format.
Je tiens à le remercier pour la confiance qu’il m’a accordée, et je remercie également l’équipe des Beaux-Arts (Jean-Baptiste de Beauvais, Nathalie Servac, Thierry Leviez, Kathy Aliou, Pascale le Thorel, Olivia Sanchez, Sophie Boudhon-Vanille et Florence Cazillac, Alain Berland) avec qui j’ai eu un vif plaisir à travailler et échanger. Merci aussi à Sandra Emonet des Beaux-Arts de Bourges et à ses directeurs.trices successifs Antoine Réguillon et Jeanne Gailhoustet.
Merci à Ramuntcho Matta et Sabrina Bendali pour la résidence réalisée du 13 au 20 février à Lizières. Merci aux équipes de Poush Manifesto (Fanny Bannet, Laure Confavreux-Colliex, Lolita Convert, Hervé Digne, Thomas Havet, Yvannoe Kruger, Inès Massonie et Olivia Ipek entre autres) pour le partenariat autour de l’exposition Felicità Goodbye Horses (18 juin-10 juillet 2021). Merci aux critiques qui ont mené les entretiens (Charlotte Cosson, Anne-Laure Peressin, Anaïd Demir, Élisa Rigoulet, Camille Paulhan, Ann-Lou Vicente). Merci à Christophe Viart et les étudiants du master Sciences et techniques de l'exposition (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) qui écrivent des notices sur les oeuvres.

Merci aux graphistes Agnès Dahan Studio (catalogue) et Maxime Gambus (site internet). Merci à tous les artistes participants de Felicità Goodbye Horses.

Programme organisé par les Beaux-Arts de Paris en partenariat avec l’École nationale supérieure d’art de Bourges  et Poush.

Infos pratiques

Felicità Goodbye Horses 
18 juin - 10 juillet

Ouverture les 18 et 19 juin, sur inscription préalable
Horaires : du mar. au sam. de 13h à 18h
Gratuit, sur inscription

Poush (Manifesto)
6 boulevard du Général Leclerc, Clichy

Poush (Manifesto) - Crédit Philippe Billard – Manifesto